Artistes Entre-Lacs 2026

LES ARTISTES

Hans DE BACKER

Hans DE BACKER est un artiste belge dont le travail invite à s'amuser du langage traditionnel. Plutôt que de créer de l'image pour illustrer le texte, il transforme lui-même en une oeuvre monumentale. Sa pratique se concentre autour du concept "d'image-langage".

En invitant le texte dans le paysage, l'artiste dépouille les mots de leur rôle fonctionnel et leur accorde un corps sculptural. Le langage n'est plus quelque chose à consommer passivement, mais qui occupe pleinement l'espace.

Half a view explore notre perception visuelle. L'oeil humain n'a souvent besoin que d'une partie du message : le cerveau complète instinctivement le reste. L'oeuvre questionne cette perception : comment nos opinions peuvent-elles être façonnées, voire piratées par les interventions extérieures ?

Roxane DEMERY

Roxane DEMERY est une artiste céramiste qui sculpte des formes organiques et tentaculaires où se mêlent érotisme, fluidité et inquiétude. L'idée ? Révéler des créatures liminales : hybrides, marines et féminines, qui sondent les zones interlopes du vivant et des mythologies.

L'artiste nous propose d'explorer la figure de l'Ondine, une créature aquatique des mythes européens. Elle incarne l'esprit féminin des eaux douces. On retrouve cette figure dans l'imaginaire oral de l'arc rhénan, archétype d'une féminité liquide, mystérieuse et dangereuse, à la frontière du visible et de l'invisible, de l'humain et du non-humain. Elle est l'allégorie d'un vivant indocile, insaisissable, une figure écosexuelle qui échappe aux tentatives de contrôle. La sculpture prendra la forme d'un ensemble tentaculaire en grès émaillé, s'élevant vers le haut comme une chevelure ondoyante, attribut de séduction et de pouvoir, devenant ici une masse mouvante urticante.

Marielle GENEST

La démarche de Marielle GENEST est centrée sur la structure, la trame et l'entrelacement. Le fil de fer et le grillage, utilisés comme éléments visibles et constitutifs de l'oeuvre, sont au coeur d'un travail qui explore les notions de réseau, de tension et de circulation. Cette recherche se déploie dans des installations in situ, conçues comme des interventions organiques au sein du paysage.

L'installation Échos de l'eau prend la forme d'une structure en grillage suspendue entre les arbres, dont les alvéoles sont enveloppées de tissu. Par ses ramifications et sa mise en mouvement avec le vent et la lumière, l'oeuvre évoque à la fois les racines, les cours d'eau et les réseaux invisibles qui structurent les milieux vivants et les territoires. Entre fragilité et résistance, structure et souplesse, l'installation invité le public à porter un regard renouvelé sur le paysage, à ralentir et à percevoir les forces naturelles et humaines qui le traversent.

Michael HOEDJES

Pour Michael HOEDJES, le processus de création est surtout un moyen d'exprimer ses monde intérieur, ses pensées. Il reprends les mots de Joseph Beuys "tout le monde est un artiste". Son oeuvre 100 Paniers commence par la déclaration de Sir David Attenborough: "La nature a toujours pris soin de nous. Il est grand temps de prendre soin de la nature."

L'artiste nous invite à réfléchir à ce que nous pouvons rendre à la nature pour montrer notre gratitude. Que pouvons-nous mettre dans les paniers ? Quels sont les cadeaux que nous pouvons faire ? Accrocher une maison à insectes, semer des fleurs, choisir des produits issus de l'agriculture biologique...

Sir David Attenborough a consacré sa vie à la protection de l'environnement. Il a fêté ses 100 ans cette année : 100 ans, 100 paniers. Cette oeuvre est également un hommage à cet homme, défenseur de la nature.

Antoine JANOT

Antoine JANOT est un artiste pluridisciplinaire dont la pratique mêle sculpture, installation in situ, peinture et écriture. Ses installations, souvent réalisées à partir de matériaux naturels ou recyclés, invitent à une expérience sensible et immersive.

À la surface du lac, seuls émergent quelques toits. Ils semblent flotter, silencieux, comme les derniers vestiges d'un village disparu. Ces fragments suggèrent l'existence d'une cité d'autrefois, avant que l'eau ne monte jusqu'à recouvrir les maisons, les rues et les souvenirs. Ces toits deviennent les seuls témoins visibles d'une présence humaine passée. Ils relatent une disparition progressive, presque douce, comme si le paysage avait repris ce qui lui appartenait. Entre fiction et réalité, le village englouti questionne notre rapport aux paysages transformés, submergés, que ce soit par l'eau, l'oubli ou les mutations climatiques.

Nora SIMON

Nora SIMON développe depuis plusieurs années une pratique centrée sur le collage urbain et l'installation in situ, explorant le détournement d'images issues de l'histoire de l'art. Ces images, déplacées dans l'espace public ou naturel, créent des dialogues sensibles entre passé et présent et invitent le public à reconsidérer son cadre de vie. Le déplacement des oeuvres hors des musées constitue un geste profondément démocratique.

Dans cette installation, Le rêve du pêcheur, la figure d'un jeune garçon, extraite d'un tableau du XIXème siècle, surgit dans le paysage pour entrer en relation avec l'environnement. Autour de lui, une constellation de poissons inspirées d'estampes japonaises. Le spectateur est plongé dans une forme de rêverie, dans une observation renouvelée du vivant. Les poissons qui ondulent au gré du vent et la figure comme suspendue au-dessus de l'eau créent un moment de légèreté et d'émerveillement.

Robin SOUAIED

Robin SOUAIED développe une pratique centrée sur le volume, la matière et les formes héritées. Il envisage la sculpture comme un espace de transformation, où des éléments issus de l'ornement ou de l'architecture sont simplifiées puis recomposées afin de faire émerger des formes autonomes.

Son travail repose sur une observation attentive des territoires et de leurs formes secondaires tels que des détails architecturaux, rythmes, fragments souvent invisibles ou considérés comme décoratifs.

Ces éléments deviennent des points de départ pour une recherche sculpturale qui interroge la persistance des formes et leur capacité à être réactivées dans un contexte contemporain, entre structure et mémoire.

Cathy WEYDERS

Cathy WEYDERS crée un monde sculptural qui combine architecture, textile et notion de "survie". Avec elle, l'eau n'est jamais bien loin et nombre de ses créations ont un lien particulier avec le monde aquatique. Elle développe une thématique autour du naufrage, de la catastrophe d'un univers inondé, d'un art naufragé... Elle explore l'esthétique proche du sauvetage à travers la création de radeaux et de naufragés imaginaires.

Son projet invite le spectateur à embarquer dans un traversée fictive, à la rencontre de présences énigmatiques, elles-mêmes en quête d'un nouveau monde. Cette installation prend la forme d'une barque d'accueil où apparaissent des silhouettes rescapées, comme les vestiges d'un radeau fantôme. Posée sur l'eau telle une île fragile, l'oeuvre interroge les frontières entre le corps, l'habitat, la survie entre ce qui persiste et disparaît.